Le blog de la collectionneuse de papillons

Archive pour la catégorie 'La Questionothèque'

Dimanche 20 janvier 2008

Le vent éparpille la laine grise sur les toits

et l’aiguille noue et dénoue le même fil

sur le sol de nos nuits jonché d’immondices.

Qui suis-je

encore et encore

si ce n’est ce critérium dont la mine ne cesse de se briser sous la pression de ma propre main.

Je voudrais seulement découvrir une autre manière de vivre avec du feu et des chimères

de la suie sur les joues sous les ongles parfois sur le front

écrire à mon tour une saison en enfer

pour ne pas y demeurer plus longtemps

un rêve ?

Lundi 20 août 2007

je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

je suis ce rêve étrange et pénétrant

il m’a envahi, englouti, anéanti

des paillettes plein les doigts je m’essuie le visage mais rien ne peut effacer la trace que ce rêve a laissé dans ma chair comme une énorme cicatrice bleutée

il s’agite sous mes lèvres, mes paupières, à chaque articulation, je le sens peser de tout son poids de rêve mort

j’ai son parfum collé à mes vêtements,

il est le fil d’Ariane qui me permet de retrouver mon chemin en moi même pour découvrir finalement ce Minotaure aux cheveux raides et bruns comme une tempête de boue sur une plage de pierres noires

le Minotaure me regarde

il me ressemble

il a la gueule grande ouverte

j’ai son souvenir qui cogne à mon front, comme autant de minuscules tintements, de pépiements d’oiseaux fous pris au piège d’une lumière artificielle

je suis ce rêve qui me monte à la tête comme un alcool dont l’ivresse me rendrait à la fois malade et bienheureuse

j’ai froid là

aux pieds

mon rêve est devenu livide

il tremble

et me fait trembler avec lui

de tout notre être

où ?

Vendredi 17 août 2007

Ici je me vois vivre parfois. Si je reste un instant, immobile dans un coin, je peux me voir passer, déambuler sans vraiment me reconnaître. Qui est-ce ? Que fait-elle là ? Je m’ étonne car ici ce n’est pas chez moi. Chez moi il y a des arbres, il y a du ciel, les volets ne laissent pas passer la lumière, il n’y a pas de réverbère sur le trottoir. Chez moi, tant que je n’aurais pas moi même un royaume à léguer, ce sera là-bas. Là où je feuillette inlassablement les mêmes livres, là où les meubles qui ont changé de place cachent de mystérieux passages secrets vers notre enfance. Avec ses tempêtes et ses cabanes. Nous y avons grandi. Tout porte notre trace. Même si c’est illusoire, même si nous le savons, tout semble éternel. 

Des royaumes d’enfance comme celui-là ne sont pas exceptionnels. Pas de tours ni de donjons. Pas de pont levis ni de souterrains. Mais bien plus que ça. C’est un royaume qui n’en finit pas. Aucune carte ne le mentionne et pourtant nous connaissons la route par coeur.

Chacun a le sien. Chacun sait où il se situe exactement. Chacun sait pourquoi il l’a abandonné, que c’est le temps qui nous fait ça. Et ceux qui habitent les royaumes d’enfance désertés savent mieux que quiconque ce que l’on peut perdre à quitter ce royaume. Et savent aussi très bien ce que l’on peut perdre à y demeurer.

 Mais finalement on n’abandonne jamais complètement son royaume d’enfance, comme un laboureur qui jusqu’au bout cultive quelques parcelles de son champ en jachère, chacun ménage dans son avenir un moment - un WE, quelques vacances, une retraite- où il reprendra en mains les clefs de ce royaume. Et si le royaume a été vendu, il le rachètera. Et si le royaume a été détruit, il en cultivera le précieux souvenir dans des albums photos ou sur de simples feuilles de papier.

C’est comme ça : sous les fondations du royaume d’enfance nos cadavres bien avant nos propres corps sont enterrés. Car les royaumes d’enfance sont des maisons hantées.

Et nous en sommes les visibles fantômes.

Je blogue, tu blogues, nous bloguons, mais POURQUOI ?

Jeudi 16 août 2007

Juste une question :

qu’est-ce que je cherche lorsque je viens ici ?

Il est des questions pourtant très personnelles qui ne semblent pouvoir trouver leur réponse que dans l’altérité…