Le blog de la collectionneuse de papillons

Archive pour août 2007

Collection d’acalèphes : Abiora

Jeudi 30 août 2007

Abiora Dessment, 26 ans, tient un café littéraire sur les bords de la ronde rivière Gî. Collectionne les bougies de cire noire,  les BD illustrées par un parrain de la mafia à la moustache très fine, les rouleaux de sopalin blanc,  les pinceaux aux poils raidis par l’acrylique sèche [sèche-cheveux, cheveux noirs, noir à paupières, paupières closes, bombées par le rêve], les brouillons des oeuvres inachevées de Cleno Breturet et les fromages de chèvre d’appellation d’origine contrôlée [ le Chabichou du Poitou, le Cabécou du Périgord, la Brousse du Rove, le Chèvre-boîte, les petits bouchons, le Crottin de Chavignol, le Bouton de culotte, Le Picodon et Le Chevrotin,  notamment.]

Collection d’acalèphes : Aya

Jeudi 23 août 2007

Aya Eldepahpïon, 22 ans, illustratrice aux Bords-de-l’eau. Collectionne les Chimères. Les Elfes, les Korrigans, les Naïades, les Nymphes, les Fées[Mélusine, Viviane Titiana, Morgane], les Gremlins, Les Leprechauns, Les Gnomes, les Vampires, les Gobelins, les Trolls, les Farfadets, les Dragons, les Griffons, les Centaures, les Licornes, les Salamandres, les Ondines, les Manticores, les Néréïdes, les Oréades, les Sirènes, les Succubes, les Alséides, et surtout, surtout les Anges [Sitahel, Elemiah, Mahasiah, Lelahel, Mabahel, Sehe-iah, Zadkiel, Nelchael]. En plâtre, en terre cuite, en papier mâché, en pierre, en bois, en verre. Et surtout, surtout en chair et en plumes. Avec des éclairs noirs dans les yeux.

Collection d’acalèphes : Tristan

Mercredi 22 août 2007

Tristan Thaâ-Sion, 40 ans, horticulteur à Douvre-la-Délivrande, pianote sur le clavier d’un vieil ordinateur à la carapace bleue. Il écrit une lettre. Une lettre d’amour. Enfin peut-être. Collectionne les échecs, les ratés, les dérapages, les naufrages. Il tient le compte de ses cicatrices, les rouges, les mauves, les brunes, les jaunes avec minutie. Les panse avec de stupides lettres d’amour pianotées sur le clavier d’un vieil ordinateur à la carapace bleue [bleu foncé, bleu clair, bleu turquoise, bleu marine, bleu, synom. Hématome]

Collection d’acalèphes : Niobé

Lundi 20 août 2007

Niobé Reysinah, 25 ans, professeure de lettres à Aunay-sur-Odon, lit des romans graphiques en écoutant le bruit de la pluie et de la télévision. Elle collectionne les carnets, les cahiers, les calepins, les bloc-notes, les agendas, et tout objet tissé de fibres végétales à travers lesquels sa vie se reflète en filigrane [filigrane, fil d’Ariane, fil à coudre, fil de l’histoire, de fil en aiguille, une aiguille dans une botte de paille, paille-en-queue, queue de pie, pyjama, matador, dormir…]

un rêve ?

Lundi 20 août 2007

je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

je suis ce rêve étrange et pénétrant

il m’a envahi, englouti, anéanti

des paillettes plein les doigts je m’essuie le visage mais rien ne peut effacer la trace que ce rêve a laissé dans ma chair comme une énorme cicatrice bleutée

il s’agite sous mes lèvres, mes paupières, à chaque articulation, je le sens peser de tout son poids de rêve mort

j’ai son parfum collé à mes vêtements,

il est le fil d’Ariane qui me permet de retrouver mon chemin en moi même pour découvrir finalement ce Minotaure aux cheveux raides et bruns comme une tempête de boue sur une plage de pierres noires

le Minotaure me regarde

il me ressemble

il a la gueule grande ouverte

j’ai son souvenir qui cogne à mon front, comme autant de minuscules tintements, de pépiements d’oiseaux fous pris au piège d’une lumière artificielle

je suis ce rêve qui me monte à la tête comme un alcool dont l’ivresse me rendrait à la fois malade et bienheureuse

j’ai froid là

aux pieds

mon rêve est devenu livide

il tremble

et me fait trembler avec lui

de tout notre être

Collection d’acalèphes : Quentin

Vendredi 17 août 2007

Quentin Thamare 

30 ans, garagiste à Moteaux-Couliboeuf, déchire une lettre, une facture, une carte postale. Collectionne les bocaux de pharmacie en verre dépolie et aux capsules verdies par le temps. [Vert d’eau, vert turquoise, vert pâle, vert clair, vert amer]

Collection d’acalèphes : Clélia

Vendredi 17 août 2007

Clélia Anitalina

22 ans, bouquiniste à Balleroy, retape la devanture d’une ancienne boucherie. Ponce. Cloue. Peint les lambris de bois bleus [qui est d’une couleur, entre l’indigo et le vert, dont la nature offre de nombreux exemples, comme un ciel sans nuage (azur), certaines fleurs (le bleuet) , le saphir] Collectionne les pampilles de lustres, plafonniers et autres luminaires. Leurs ampoules aussi parfois [Placez-les au plafond (dans un lustre ou un abajour) ou en applique sur les murs. Pour le branchement, utilisez une douille appropriée (vis ou bayonette). Amener la phase (via l’interrupteur) le neutre et la terre. Protégez le circuit par un disjoncteur (ou un fusible)]

où ?

Vendredi 17 août 2007

Ici je me vois vivre parfois. Si je reste un instant, immobile dans un coin, je peux me voir passer, déambuler sans vraiment me reconnaître. Qui est-ce ? Que fait-elle là ? Je m’ étonne car ici ce n’est pas chez moi. Chez moi il y a des arbres, il y a du ciel, les volets ne laissent pas passer la lumière, il n’y a pas de réverbère sur le trottoir. Chez moi, tant que je n’aurais pas moi même un royaume à léguer, ce sera là-bas. Là où je feuillette inlassablement les mêmes livres, là où les meubles qui ont changé de place cachent de mystérieux passages secrets vers notre enfance. Avec ses tempêtes et ses cabanes. Nous y avons grandi. Tout porte notre trace. Même si c’est illusoire, même si nous le savons, tout semble éternel. 

Des royaumes d’enfance comme celui-là ne sont pas exceptionnels. Pas de tours ni de donjons. Pas de pont levis ni de souterrains. Mais bien plus que ça. C’est un royaume qui n’en finit pas. Aucune carte ne le mentionne et pourtant nous connaissons la route par coeur.

Chacun a le sien. Chacun sait où il se situe exactement. Chacun sait pourquoi il l’a abandonné, que c’est le temps qui nous fait ça. Et ceux qui habitent les royaumes d’enfance désertés savent mieux que quiconque ce que l’on peut perdre à quitter ce royaume. Et savent aussi très bien ce que l’on peut perdre à y demeurer.

 Mais finalement on n’abandonne jamais complètement son royaume d’enfance, comme un laboureur qui jusqu’au bout cultive quelques parcelles de son champ en jachère, chacun ménage dans son avenir un moment - un WE, quelques vacances, une retraite- où il reprendra en mains les clefs de ce royaume. Et si le royaume a été vendu, il le rachètera. Et si le royaume a été détruit, il en cultivera le précieux souvenir dans des albums photos ou sur de simples feuilles de papier.

C’est comme ça : sous les fondations du royaume d’enfance nos cadavres bien avant nos propres corps sont enterrés. Car les royaumes d’enfance sont des maisons hantées.

Et nous en sommes les visibles fantômes.

Je blogue, tu blogues, nous bloguons, mais POURQUOI ?

Jeudi 16 août 2007

Juste une question :

qu’est-ce que je cherche lorsque je viens ici ?

Il est des questions pourtant très personnelles qui ne semblent pouvoir trouver leur réponse que dans l’altérité…

Collection de noms tout ronds

Jeudi 16 août 2007

Cantahar Azurée de la Jarosse Apolline Arlequinette jaune Théodore Atlantide Pieride du chou Eléonora Etidorhpa Mélitée des centaurées Zénaïde Laputa Ecaille lièvre Acaire Hyppolite Phalène du fusain Cléante Ptyx Fadet des garrigues Neverland Néréa Noctuelle frangée Clélia Céléphaïs